– Jeckyll Island – VII –

Nous y voilà sur l’île des riches
Sur un tout petit espace de 23 km carrés, Jeckyll Island est d’abord surveillée. On n’y entre pas facilement et on doit en ressortir le jour même.  Pas question d’y passer la nuit.   Un petit pont traversant  la Fancy Bluff Creek  faisant office de sécurité, car des gardiens sans sourire font la loi.  Je crois qu’ils n’apprécient pas le vieux West.  Je leur réponds ce dont ils veulent entendre: je serai de retour au soleil couchant.  Mais qu’est-ce qu’il y a de si précieux à protéger ?

Des maisons, non des châteaux, beaucoup de châteaux. Pulitzer, Rockefeller, Vanderbilt Crane, Goodyear, Macy, J.P. Morgan ont habité ici sur cette petite île et l’ont adopté pour leur retraite d’hiver.  Il n’y a pas autres activités à faire que de se promener comme des voyageurs clandestins mais pacifistes quand même.  Il y a beaucoup de châteaux mais pas âme qui vive.  Personne, pas de chien qui aboie.  Où sont-ils tous ?  L’ambiance est calme et un peu étrange avec comme fond de toile, une brume épaisse.  Novembre n’est peut-être pas le moment de leur retraite.

La résidence de Mr. Crane
Cette photo issue du site Internet de l’île montre très bien la beauté de la résidence de cet inventeur. Vous avez devinez qui ?

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crédit photos : jekyllisland.com

Mais en bonne voyageuse sympathique, j’ai fait un arrêt pour prendre le thé  en compagnie de Mr Crane, mais personne n’était présent.  J’y ai passé la nuit, là dans le vieux West avec mes 2 chiennes.  Magique et mémorable !crane 1008.jpg

Chênes âgés de 350 ans
Cette magnifique île endormie en bord de mer possède sur ses terres des chênes âgés de 350 ans. C’est sur Jeckyll Island que je touche pour la première fois de la mousse espagnole dans son environnement naturel, cette mousse grise qui pend ses fils sous les branches d’arbres et qu’on appelle affectueusement barbe de grand-père.  chenes 350009.jpgAi-je dépassé la limite
Le lendemain matin, tout était pareil, il y avait toujours cette épaisse brume, ce calme, ce silence rien ne s’était manifesté.  La nuit avait été un peu bizarre compte tenu du contexte. Ici, sur cette île, vécurent aussi ceux qui avaient encourager l’esclavage.  Mais je me sentais aussi un peu fière parce que j’avais joué dans les jardins de certaines de ces familles qui avaient enfreint le respect des gens de couleur le siècle dernier.

En prenant mon café du matin, je me questionnais quant aux possibles réactions des gardiens du pont de l’île et ma nuitée improvisée chez les gens de la haute classe.   Une certaine inquiétude me traversait quand même l’esprit.  Ai-je dépassé la limite, aurais-je un billet d’infraction ou toutes autres marques d’entraves aux règlements ?

Je repasserai la barrière en expliquant aux gardiens que mon vieux West ne démarrait plus la veille et qu’à la noirceur venue, je n’avais pas le choix d’y passer la nuit et bla bla bla…

Rien de tout mon scénario envisagé ne se prononça à l’arrivée sur le pont. La guérite se leva dès que le nez du vieux West se pointa et ne regardant même pas dans la petite salle des gardiens, j’accélérai sans détourner mon regard.

Eh bien, je suis contente, heureuse et fofolle un peu !
Destination Floride !

 

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