La limule, ce fragile animal préhistorique au sang bleu

La limule Limulus polyphemus, est cette fascinante créature préhistorique bien présente sur notre Terre et cela bien avant les dinosaures, puisque selon les scientifiques sa venue remonterait entre 350 à 500 millions d’années.  C’est peu dire n’est-ce pas, quand on pense que cette espèce n’a presque pas évoluée depuis.

Classée sous le règne des arthropodes (comme l’araignée et le scorpion) elle porte plusieurs caractéristiques semblables au crabe sans toutefois être un crustacé.  Son étrange carapace à la forme de fer à cheval lui vaut le nom anglais de Horseshoecrab.  Pouvant vivre une trentaine d’années, sa carapace atteint en moyenne 60 centimètres.

Elle semble aveugle?  Détrompez-vous, elle possède 3 paires de yeux et un ocelle sur la carapace et 1 paire d’yeux près de sa bouche.  Quant à sa bouche, elle est dépourvue de dents, elle broie ses proies avec ses pattes antérieures.  Elle possède 6 paires de pattes qui la propulsent sur les fonds marins et qu’elle soit aussi un animal rampant, elle nagera quelquefois sur le dos.

Vous pourrez en autre l’observez lors de vos promenades sur les plages du New jersey ou du Delaware, mais aussi tout le long du littoral Atlantic et ce, jusqu’aux Keys en Floride. – J’ai souvent entendu des rumeurs qui disaient que marcher pied nu sur sa queue (telson) provoquait une douloureuse sensation pouvant même mener à l’hospitalisation.  Mais selon mes multiples recherches, aucun scientifique ne divulgue cette information dite légende urbaine ou plutôt marine.  Sa queue est son outil par prédilection afin de se retourner lorsque renversée par les flots.

Les femelles pourront débuter leur première ponte sur le sable des plages lors des hautes marées lorsqu’elles auront atteint leur maturité, soit vers 9 ou 10 ans.  Les mâles s’accrocheront à elles et les suivront pour féconder des milliers d’œufs sur le sable.  Cette façon de reproduction se fera une fois par année et lors de la pleine lune au début de l’été.

Dans les années 1950 le Docteur Frederick Bang fait une découverte qui transformera la médecine : le sang bleu de la limule.  Ce liquide hors du commun contient de l’hémocyanine (chez l’humain c’est l’hémoglobine qui rend le sang rouge).  Grâce aux protéines de ses cellules, le sang de la limule coagule instantanément et l’hémolymphe se transforme en gel quand il entre en contact avec des agents pathogènes comme la salmonelle, donc son sang sera « miraculeux » pour la détection entre autre des bactéries dans les vaccins et sur les équipements médico-légal.

La limule n’ayant pas de système immunitaire, ce gel décèle et bloque les infections bactériennes. – Je sais, c’est très scientifique, mais son sang bleu est essentiel pour y déceler la présence de bactéries potentiellement mortelles une fois dans notre circuit sanguin.

On décompte 500,000 limules légalement ramassées sur la côte est de l’Atlantique, auxquelles on prélèvera en laboratoire un juste % de sang sans pour autant les affaiblir et puis seront relâchées dans leur environnement avec un marquage sur leur carapace et qui évitera un 2è prélèvement.  On estimera à 15% le taux de mortalité.

On comprend tous le pot au rose, la limule sera dès lors, sur-pêchée.  Des braconniers sans scrupule ne se soucieront guère de la baisse alarmante de ce fossile vivant et feront beaucoup, beaucoup d’argent lors de l’exportation de ces petites bêtes sans défense vers d’autres continents pour des entreprises malveillantes.

Interdite au New Jersey et au Delaware, la pêche de la limule revêt une autre importance , cette fois-ci pour une espèce d’oiseaux protégée : les bécasseaux maubèches.  Les œufs de limules sont leur principale source d’alimentation sur ces plages et ce, lors de leur migration.

Et la limule sera aussi exposée à une réelle menace pour la survie de sa race, parce qu’utilisée pour son apport de calcium comme engrais dans les cultures.  Et du fait que des murs sont érigés sur les dunes de sable afin d’y contrôler l’érosion, les femelles arrivent difficilement à les gravir lors de la ponte.

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